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L'HISTOIRE DES FRERES BERNARDET

L'UNION DE TROIS FRÈRES

L'histoire a retenu le nom des trois frères Bernardet,
unis dans une aventure industrielle des années 1920 à 1959,
période pendant laquelle ils ont fait figure d'innovateurs,
de précurseurs et d'inventeurs.
Ils avaient acquis une notoriété internationale dans la fabrication de side-cars puis de scooters.

BERNARDET est le PRECURSEUR
du SCOOTER en France

En réalité, les frères Bernardet étaient quatre.
André (1897-1975), l'aîné, est né à Boulogne-sur-Seine. En 1898, la famille Bernardet déménage à Soissons dans l'Aisne.où vont naître René le 29 mai 1898, Robert le 8 novembre 1899, puis Charles le 26 juillet 1902.
Nous reparlerons d'André dans la partie Courses de Scooters.

Événement parallèle, 1898 est l'année de la première Exposition d'Automobiles dans le Jardin des Tuileries, à Paris. Cette automobile qui, pour l'instant, fait peur aux gens, bien que 140.000 visiteurs défilent dans les allées admirant les 269 premiers exposants, dont Armand Peugeot et Louis Renault. L'Exposition Universelle de 1889 a vu s'ériger la Tour Eiffel, celle de 1900, la plus réussie de toutes, est l'hôte d'une grande magicienne de la fête, la “Fée électricité”, permettant d'acheminer la lumière partout où cela est possible.

En 1910, leur mère Hélène (1875-1974), femme de fort caractère et personnage dominant de la famille, estime que Soissons ne convient plus à leurs projets d'avenir, elle décide son mari Henri (1870-1955), chauffagiste de son état, de déménager à Paris, dans le 14e arrondissement.
En 1914, la guerre éclate ; Henri est le premier mobilisé à l'âge de 44 ans. Puis, au cours de ces quatre années, André, René et Robert seront aussi mobilisés. Charles, le plus jeune, n'a que 12 ans.
4 frères communiants
Juillet 1914, habillés en communiants,
René (15 ans), Robert (14 ans), Charles (12) et André (16).

René (1898-1991), est employé à la firme Nieuport en qualité de “spécialiste” aux prototypes des avions de chasse ; il est affecté dans l'Aviation. Bien qu'étant de la classe 1918, il est appelé en mars 1917 pour rejoindre l'école d'Aviation, à Tours. Après 10 mois d'école, il entre à l'Escadrille BR43 de Bulainville, à l'entretien des avions au sol jusqu'à la fin de la guerre, où il apprend le travail de la tôle, de la mécanique et retiendra ses leçons d'aérodynamique.
René a le coup d'oeil et le dessin facile. Il deviendra le concepteur-dessinateur des modèles de la marque.

Robert
(1899-1978) entre dans l'Aviation à Villacoublay.
Il s'occupera plus tard de la partie mécanique de l'aventure.

Charles
(1902-1996), effectue son service militaire dans les Services Techniques de l'Aviation, en 1922 à Versailles.
Il s'affirmera comme l'administrateur, le gestionnaire.

La paix retrouvée à la fin de la Première Guerre Mondiale, Hélène et Henri Bernardet, épargnés par les malheurs, vont découvrir le génie inventif de leurs enfants qui vont constament chercher à innover. Pour occuper leurs dimanches, les trois frères adorent le cyclisme, sport spectaculaire attirant déjà de nombreux spectateurs le long des routes.
Mais en tant que soldats, ils ont connu les motos. Ils s'achètent une Harley-Davidson aux surplus de l'Armée Américaine et trouvent le side-car américain d'origine assez laid.
En 1921, René et Charles décident de construire un premier side-car.
Deux autres side-cars sont produits en 1922. Au gré de leurs promenades dominicaines, les commandes arrivent. Très vite, la fabrication artisanale prend de l'ampleur et ils participent à des expositions. Les modèles exposés aux Salons de Paris, Genève et Berlin sont un succès.
Fin 1924, leur frère Robert se joint à eux.

Disposant de moyens encore modestes, ils créent entre eux un “gentleman agreement”, leur imposant "d'unir leurs efforts, leurs peines, soins et tous moyens financiers au développement de l'affaire qu'ils viennent de créer".
Une clause particulièrement dure leur impose le célibat avant la réussite.
Cette réunion va durer plus de trente ans.

En 1925, ils commencent à participer à des épreuves sportives.
Leur atelier est à Bourg-la-Reine (92). Les Salons de 1930 et 1931 leur apporte une renommée jusqu'en Belgique, Hollande, Suisse, Allemagne et Russie.
La presse leur confirme leur position de LEADER dans l'industrie du side-car français.

Pour pouvoir s'affirmer, il leur faut un nom. Charles décide alors d'utiliser son deuxième prénom Roger pour former le symbole que nous connaissons depuis, les 3 R de René, Robert et Roger.

les 3 frères Bernardet
De gauche à droite :
Roger, René et Robert Bernardet
devant l'entrée de l'Atelier de Bourg-la-Reine en 1930,
side-car attelé à une Gnome et Rhône 500 D4.
Assise dans le side-car, Yvonne Bernardet, à l'époque secrétaire, épousera Roger.
 
La S.à.r.l. "établissements BERNARDET Frères" est fondée en décembre 1932.
 

Pour respecter le “gentleman agreement” pris en 1924 et célébrer cette réussite, ils décident de se marier le même jour, le 22 décembre 1932, à l'église St-Pierre de Montrouge à Paris.

Le mariage, suivi par une foule importante, est largement commenté dans la presse motocycliste.
Les Bernardet sont désormais 6 !

Les années 33 à 35 sont fructueuses : les ventes, les courses, les grands raids, les records...
En 1935, Bernardet est le seul fabricant de side-cars en Europe à détenir 26 records du monde, dont un était encore valable en janvier 1964.
1936 est le début des fabrications de side-cars pour l'Armée Française. Des milliers de side-cars seront fournis.

Pour faire façe à leur expansion, ils font construire, en 1937, une grande usine de plus de 6.000 m2 au 104, avenue de la République, à Chatillon-sous-Bagneux (92).
C'est l'une des premières en France à être dotée d'une chaîne de montage.

Au retour de l'exode en Juillet 1940, ils reprennent possession de leur usine intacte.
En Août 40, ils sont réquisitionnés par les Allemands, pour lesquels ils seront contraints de fabriquer des modèles spécifiques. La Résistance s'installe au sein de l'Usine.


Mais à la Libération, l'Usine n'a plus aucune commande en cours.