
René (1898-1991), est employé
à la firme Nieuport en qualité de “spécialiste”
aux prototypes des avions de chasse ; il est affecté dans l'Aviation. Bien
qu'étant de la classe 1918, il est appelé en mars 1917 pour rejoindre
l'école d'Aviation, à Tours. Après 10 mois d'école,
il entre à l'Escadrille BR43 de Bulainville, à l'entretien des avions
au sol jusqu'à la fin de la guerre, où il apprend le travail de
la tôle, de la mécanique et retiendra ses leçons d'aérodynamique.
René a le coup d'oeil et le dessin facile. Il deviendra le concepteur-dessinateur
des modèles de la marque.
Robert (1899-1978) entre dans l'Aviation à Villacoublay.
Il s'occupera plus tard de la partie mécanique de l'aventure.
Charles (1902-1996), effectue son service militaire dans les Services Techniques
de l'Aviation, en 1922 à Versailles.
Il s'affirmera comme l'administrateur,
le gestionnaire.
La paix retrouvée à la fin de la Première
Guerre Mondiale, Hélène et Henri Bernardet, épargnés
par les malheurs, vont découvrir le génie inventif de leurs enfants
qui vont constament chercher à innover. Pour occuper leurs dimanches, les
trois frères adorent le cyclisme, sport spectaculaire attirant déjà
de nombreux spectateurs le long des routes.
Mais en tant que soldats, ils ont connu les motos. Ils s'achètent une Harley-Davidson
aux surplus de l'Armée Américaine et trouvent le side-car américain
d'origine assez laid.
En 1921, René et Charles décident de construire un premier side-car.
Deux autres side-cars sont produits en 1922. Au gré de leurs promenades
dominicaines, les commandes arrivent. Très vite, la fabrication artisanale
prend de l'ampleur et ils participent à des expositions. Les modèles
exposés aux Salons de Paris, Genève et Berlin sont un succès.
Fin 1924, leur frère Robert se joint à eux.
Disposant de moyens encore modestes, ils créent
entre eux un “gentleman agreement”, leur imposant "d'unir
leurs efforts, leurs peines, soins et tous moyens financiers au développement
de l'affaire qu'ils viennent de créer".
Une clause particulièrement dure leur impose le célibat avant
la réussite.
Cette réunion va durer plus de trente ans.
En 1925, ils commencent à participer à des épreuves sportives.
Leur atelier est à Bourg-la-Reine (92). Les Salons de 1930 et 1931 leur
apporte une renommée jusqu'en Belgique, Hollande, Suisse, Allemagne et
Russie.
La presse leur confirme leur position de LEADER dans l'industrie du side-car
français.
Pour pouvoir s'affirmer, il leur faut un nom. Charles décide alors
d'utiliser son deuxième prénom Roger pour former le symbole que
nous connaissons depuis, les 3 R de René, Robert et Roger.

Pour respecter le “gentleman agreement”
pris en 1924 et célébrer cette réussite, ils décident
de se marier le même jour, le 22 décembre 1932, à l'église
St-Pierre de Montrouge à Paris.
Le mariage, suivi par une foule importante,
est largement commenté dans la presse motocycliste.
Les Bernardet sont
désormais 6 !
Les années 33 à 35 sont fructueuses
: les ventes, les courses, les grands raids, les records...
En 1935, Bernardet est le seul fabricant de side-cars en Europe à détenir 26 records du monde, dont un était encore valable en janvier 1964.
1936 est le début des fabrications de side-cars pour l'Armée Française.
Des milliers de side-cars seront fournis.
Pour faire façe à leur expansion, ils font construire, en 1937,
une grande usine de plus de 6.000 m2 au 104, avenue de la République, à
Chatillon-sous-Bagneux (92).
C'est l'une des premières en France à être dotée d'une
chaîne de montage.
Au retour de l'exode en Juillet 1940, ils reprennent possession de leur usine
intacte.
En Août 40, ils sont réquisitionnés par les Allemands, pour
lesquels ils seront contraints de fabriquer des modèles spécifiques.
La Résistance s'installe au sein de l'Usine.
Mais à la Libération, l'Usine n'a plus aucune commande en cours.